{"id":1606,"date":"2015-02-20T11:41:50","date_gmt":"2015-02-20T11:41:50","guid":{"rendered":"http:\/\/reflexologic.com\/?p=1606"},"modified":"2015-02-20T11:43:13","modified_gmt":"2015-02-20T11:43:13","slug":"dans-la-clinique-pour-cyberdrogues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/reflexologic.com\/?p=1606","title":{"rendered":"Dans la \u00abclinique\u00bb pour cyberdrogu\u00e9s"},"content":{"rendered":"<blockquote cite=\"http:\/\/www.illustre.ch\/illustre\/article\/dans-la-%C2%ABclinique%C2%BB-pour-cyberdrogu%C3%A9s\"><p>\u00a0\u00a0Dans les bois de Fall City: une petite maison et ses d\u00e9pendances (notre image) o\u00f9 des adolescents et jeunes adultes renouent avec la nature et le contact humain par le biais de th\u00e9rapies et d\u2019activit\u00e9s sportives, pour sortir de leur spirale virtuelle.<\/p><\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Dans la \u00abclinique\u00bb pour cyberdrogu\u00e9s<\/h2>\n<p><strong>Internet, jeux vid\u00e9o en ligne, smartphones: quand est-ce que le divertissement vire \u00e0 la d\u00e9pendance? Visite d\u2019un centre de \u00abd\u00e9sintoxication num\u00e9rique\u00bb, \u00e0 Seattle, o\u00f9 l\u2019on tente de soigner la g\u00e9n\u00e9ration des hyperconnect\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p><em>Texte Xavier Filliez<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est une petite maison en bois sous une grosse chape de cumulus. Autour, l\u2019immense for\u00eat des environs de Seattle semble l\u2019envelopper pour l\u2019hiver. \u00abHeavensfield\u00bb (le champ des cieux), lit-on sur l\u2019\u00e9criteau plant\u00e9 au bord du petit chemin d\u2019acc\u00e8s. \u00abClinique pour les cyberdrogu\u00e9s\u00bb e\u00fbt \u00e9t\u00e9 plus \u00e0 propos.<\/p>\n<p>Ici r\u00e9sident actuellement cinq jeunes adultes trait\u00e9s pour des probl\u00e8mes d\u2019addiction \u00e0 l\u2019internet et aux jeux vid\u00e9o dans le cadre de reSTART, un programme unique, non hospitalier, de \u00abd\u00e9sintoxication num\u00e9rique\u00bb aux Etats-Unis. On y suit des cures de plusieurs semaines \u00e0 plusieurs mois. La phase une, les quarante-cinq premiers jours, co\u00fbte 24\u00a0000\u202f$.<\/p>\n<p>Ironie du sort &#8211; ou pas &#8211; les si\u00e8ges sociaux de Microsoft et de Nintendo sont \u00e0 quelques kilom\u00e8tres. Les patients, comme les maux qui les conduisent ici, sont universels. Un Indien, un Britannique, trois Am\u00e9ricains y sont trait\u00e9s lors de notre immersion de quelques jours dans cet espace d\u00e9connect\u00e9 o\u00f9 se confondent les troubles du XXIe\u202fsi\u00e8cle et les vertiges de l\u2019adolescence.<\/p>\n<p>Shlok, originaire de Pune, pas loin de Bombay, arriv\u00e9 il y a deux semaines, a le blues. Un feu de chemin\u00e9e ne serait pas de trop dans l\u2019immense salon cru o\u00f9 il partage sa solitude avec nous. D\u2019une violence inou\u00efe. \u00abJe souffre d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 sociale. Je n\u2019arrivais pas \u00e0 me faire des amis dans la vraie vie. C\u2019est plus facile derri\u00e8re un ordinateur.\u00bb<\/p>\n<p>Ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, Shlok n\u2019est plus all\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Il n\u2019a fait que surfer et jouer. World of Warcraft. League of Legends. Hearthstone. De quatorze \u00e0 dix-huit heures par jour. Sa session la plus longue: vingt-six heures sans dormir. \u00abA manger des Lay\u2019s et boire du Redbull\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Il raconte ses crises \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, \u00e0 briser des claviers, lorsque sa connexion le l\u00e2chait. \u00abOn jouait en \u00e9quipe, jusqu\u2019\u00e0 vingt joueurs aux quatre coins de la plan\u00e8te, mais \u00e0 cause de ma mauvaise connexion, ils ont fini par m\u2019exclure.\u00bb Les compagnons de joystick, amis virtuels, n\u2019en sont pas vraiment. De bonne famille, Shlok a vu les meilleurs psychiatres d\u2019Inde avant d\u2019accepter le billet d\u2019avion pour Seattle que son p\u00e8re lui tendait.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9couverte d\u2019Hilarie Cash<\/strong><br \/>\nReSTART, c\u2019est le carrefour de deux mondes. Sa fondatrice, Hilarie Cash, docteur en psychologie, forte femme, \u00e0 qui il faut \u00e9viter de coller de vilains pr\u00e9jug\u00e9s de pr\u00eacheuse ou moraliste, est une ex-soixante-huitarde avouant deux ans d\u2019addiction \u00e0 la marijuana, ayant, surtout, crois\u00e9 le chemin, au milieu des ann\u00e9es\u00a090, d\u2019un patient qui la marqua \u00e0 vie.<\/p>\n<p>Il venait de se faire virer de Microsoft, justement. Et ne pouvait pas se d\u00e9faire d\u2019un jeu sur ordinateur, style Dungeons and Dragons, un text game, autant dire la pr\u00e9histoire du jeu vid\u00e9o. Elle se rappelle, aux pr\u00e9mices de l\u2019internet, avoir d\u00fb engager quelqu\u2019un pour faire des recherches sur le web. Elle est convaincue d\u2019avoir identifi\u00e9 un nouveau mal. L\u2019addiction \u00e9lectronique. Elle re\u00e7oit alors d\u00e9j\u00e0 quelques jeunes pour des consultations en cabinet.<\/p>\n<p>En 2008, Hilarie croise la route de Cosette Rae, programmeuse repentie, qui avoue un peu honteusement avoir berc\u00e9 ses enfants aux outils \u00e9lectroniques. Elle et son mari Gary, huit enfants d\u00e9sormais hors du cocon, avaient cette belle propri\u00e9t\u00e9 dans les bois de Fall City. Ensemble, ils lancent reSTART, bas\u00e9 sur des th\u00e9rapies de groupe avec des psychologues, des activit\u00e9s en plein air, de la m\u00e9ditation en pleine conscience (##<a class=\"expresscurate_contentTags\" href=\"http:\/\/reflexologic.com\/?tag=mindfulness\">#mindfulness<\/a>), le retour aux sources.<\/p>\n<p>Les deux premi\u00e8res semaines \u00e0 reSTART sont celles du sevrage physiologique. Pas d\u2019acc\u00e8s \u00e0 des ordinateurs, \u00e9videmment. T\u00e9l\u00e9phones mobiles bannis. Un appel par semaine de la vieille cabine dans le s\u00e9jour. On commence par l\u2019\u00e9l\u00e9mentaire, r\u00e9apprendre les petites t\u00e2ches quotidiennes, l\u2019organisation de l\u2019emploi du temps, m\u00e9nage, vaisselle, courses. Tout ce qu\u2019on d\u00e9laisse, pr\u00e9cis\u00e9ment, parfois jusqu\u2019\u00e0 la lessive et la douche, lorsque le jeu et la procrastination se sont empar\u00e9s de sa vie.<\/p>\n<p>Andrew en sait quelque chose. Ce beau gosse de 20\u202fans semble avoir tous les talents. Il joue de la guitare. Compose des morceaux au piano. ll est, de loin, le plus \u00e0 l\u2019aise lors des s\u00e9ances de fitness dans le garage o\u00f9, devant un immense drapeau am\u00e9ricain, les jeunes reviennent lentement \u00e0 une activit\u00e9 physique apr\u00e8s des ann\u00e9es d\u2019oisivet\u00e9. Et pourtant: il a s\u00e9v\u00e8rement d\u00e9gringol\u00e9. C\u2019est son deuxi\u00e8me s\u00e9jour ici, apr\u00e8s une premi\u00e8re tentative de huit mois, puis une rechute.<\/p>\n<p><strong>Echec scolaire<\/strong><br \/>\nEntre deux coups de pelle dans le jardin et un t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec sa th\u00e9rapeute, il raconte comment le tsunami de l\u2019addiction l\u2019a emport\u00e9, \u00e0 son entr\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9. C\u2019est le moment o\u00f9 l\u2019on gagne en autonomie. Mais o\u00f9 l\u2019on peut aussi noyer sa solitude loin des parents. Il jouera jusqu\u2019\u00e0 douze heures par jour: \u00abJ\u2019allais au lit \u00e0 3\u00a0heures du matin et je me r\u00e9veillais un peu avant midi. Je jugeais que c\u2019\u00e9tait trop tard pour aller en cours, trop tard aussi pour rendre mes travaux. J\u2019ai commenc\u00e9 par prendre un jour de cong\u00e9 pour maladie. Puis deux. Puis la semaine enti\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p>Andrew cumule son addiction \u00e0 une consommation massive de DXN (sirop pour la toux) et de Benadryl, \u00abdans des doses absolument malsaines, genre vingt fois la dose recommand\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 deux bouteilles et demie par semaine. J\u2019avais une attitude de junkie, conc\u00e8de-t-il aujourd\u2019hui. Mon raisonnement \u00e9tait: comment puis-je aller le plus loin sans me tuer?\u00bb Bient\u00f4t, il ne prend plus qu\u2019un repas par jour, accuse un grave sous-poids. On finit par lui diagnostiquer une d\u00e9pression. \u00abIls ont voulu m\u2019hospitaliser parce qu\u2019ils pensaient que j\u2019\u00e9tais suicidaire. Mais ils n\u2019ont rien vu de mon addiction \u00e0 l\u2019internet.\u00bb<\/p>\n<p>Sur les causes de cette descente aux enfers, il se raconte avec recul et lucidit\u00e9. \u00abJ\u2019avais peur que les autres ne m\u2019acceptent pas. Je suis un immense perfectionniste tr\u00e8s critique avec moi-m\u00eame. Je d\u00e9testais l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u00e9chec. Et je ne voulais rien tenter de nouveau par peur d\u2019\u00e9chouer, y compris nouer des contacts avec quiconque, surtout les filles. Comment allais-je pouvoir vivre avec moi-m\u00eame en cas d\u2019\u00e9chec?\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJe faisais aussi plus jeune que mon \u00e2ge. J\u2019\u00e9tais la cible de railleries. \u00c7a m\u2019a enlev\u00e9 de la confiance en moi. Tous ces probl\u00e8mes \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 l\u2019interaction sociale. Alors, pour les \u00e9viter, il suffisait d\u2019\u00e9viter l\u2019interaction sociale en allant sur l\u2019internet. Quand je n\u2019avais pas d\u2019ordinateur, j\u2019avais l\u2019impression que j\u2019allais mourir. Et quand j\u2019\u00e9tais sur l\u2019ordinateur, je me sentais vivre. L\u2019ordinateur \u00e9tait devenu ma vie. C\u2019est une d\u00e9pendance horrible.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00abJ\u2019ai grandi entour\u00e9 d\u2019ordinateurs\u00bb<\/strong><br \/>\nLa d\u00e9pendance aux jeux vid\u00e9o va tr\u00e8s souvent de pair avec une d\u00e9pendance globale au surf sur l\u2019internet, parfois \u00e0 la pornographie, entre deux sessions de World of Warcraft, constatent les psychologues. Michael, qui est en \u00abphase deux\u00bb de reSTART (il r\u00e9side seul, en ville, dans un appartement avec plus d\u2019autonomie mais sous la supervision de th\u00e9rapeutes), se consid\u00e8re lui comme un \u00abnewsjunkie\u00bb (addict des sites d\u2019actualit\u00e9).<\/p>\n<p>Il a grandi entour\u00e9 d\u2019ordinateurs. Ses parents travaillaient pour Microsoft et jouaient eux-m\u00eames aux jeux vid\u00e9o. \u00abLes ordinateurs ont toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sents dans ma vie. Il y a des personnalit\u00e9s sujettes \u00e0 l\u2019addiction dans ma famille. Moi, je suis tr\u00e8s anxieux. Surfer et jouer aux jeux vid\u00e9o me permettent de plonger dans un autre monde o\u00f9 je suis quelqu\u2019un de totalement diff\u00e9rent. Quand je ne peux pas y aller, je me sens\u2026 prisonnier. La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que \u00e7a a retard\u00e9 ma vie. J\u2019ai 26\u202fans et je n\u2019ai toujours pas de dipl\u00f4me.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019an dernier, l\u2019American Psychiatric Association a pour la premi\u00e8re fois fait mention du Gaming Disorder (trouble du jeu) dans son Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. Mais cette \u00abbible des troubles mentaux\u00bb ne reconnait pas pour l\u2019heure l\u2019addiction aux r\u00e9seaux sociaux, aux e-mails ou au surf sur l\u2019internet.<\/p>\n<p>Hilarie Cash n\u2019a aucun doute sur le sujet: \u00abIl est choquant de constater que les th\u00e9rapeutes ayant compris ces comportements addictifs sont si peu nombreux. Ceux qui ne le reconnaissent pas sont ignorants ou n\u2019ont pas lu les bons livres.\u00bb La praticienne am\u00e9ricaine vante le mod\u00e8le de la Cor\u00e9e du Sud, la soci\u00e9t\u00e9 \u00abla plus connect\u00e9e du monde\u00bb per capita, qui a fait de la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019internet un enjeu de sant\u00e9 publique. Le gouvernement a ouvert des centres sp\u00e9cialis\u00e9s un peu partout.<\/p>\n<p>Aux Etats-Unis, des programmes pour d\u00e9connecter le temps d\u2019un week-end ont vu le jour, notamment dans les Redwoods californiens, \u00e0 l\u2019enseigne de Camp Grounded. Une parenth\u00e8se en pleine nature pour les excit\u00e9s de l\u2019iPhone ou du Blackberry. Ici, \u00e0 Seattle, on sent bien que le mal va au-del\u00e0 de la connexion compulsive \u00e0 Facebook ou \u00e0 Twitter, ainsi que le r\u00e9sume Shlok: \u00abJe ne peux pas \u00eatre addict aux r\u00e9seaux sociaux. Je ne les utilise pas, puisque je n\u2019ai pas de r\u00e9seau social.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Rester connect\u00e9 malgr\u00e9 tout<\/strong><br \/>\nDans une petite d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la maison, comme noy\u00e9e dans la jungle, le groupe s\u2019est r\u00e9uni avec une th\u00e9rapeute. Il est question de l\u2019impact letter, la lettre que chaque r\u00e9sident doit \u00e9crire \u00e0 sa famille pour identifier le mal que son addiction lui a caus\u00e9. Il y a de l\u2019\u00e9motion. Des temps morts. Beaucoup de solidarit\u00e9 entre les jeunes. Et une maturit\u00e9 dans les propos qui tranche avec l\u2019ambiance parfois infantilisante du programme.<\/p>\n<p>Chaque journ\u00e9e \u00e0 reSTART commence par exemple par une s\u00e9ance collective de bilan et planification au cours de laquelle on fait part de sa gratitude d\u2019avoir \u00abeu des \u0153ufs au d\u00e9jeuner\u00bb, d\u2019avoir avanc\u00e9 dans son journal intime ou termin\u00e9 son devoir de lecture. Dans la biblioth\u00e8que, quelques ouvrages en \u00e9ventail de ces affections contemporaines, iDisorder, Cyberjunkies, Hooked on Games.<\/p>\n<p>\u00abCe qui est dur avec l\u2019internet, contrairement avec les addictions \u00e0 l\u2019alcool ou \u00e0 la drogue, c\u2019est que tu ne peux pas t\u2019en d\u00e9faire totalement si tu ne veux pas \u00eatre d\u00e9connect\u00e9 du reste du monde\u00bb, analyse Michael. Ici, puis de retour chez eux, les cyberd\u00e9pendants, comme les 200\u00a0patients qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, devront lentement apprendre non pas la privation mais l\u2019utilisation mod\u00e9r\u00e9e des nouvelles technologies. \u00abComme on peut manger sainement, on peut utiliser un ordinateur sainement\u00bb, continuera de militer Hilarie Cash.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"expresscurate_source\">D&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;article de <cite><a class=\"expresscurated\" href=\"http:\/\/www.illustre.ch\/illustre\/article\/dans-la-%C2%ABclinique%C2%BB-pour-cyberdrogu%C3%A9s\" rel=\"nofollow\" data-curated-url=\"http:\/\/www.illustre.ch\/illustre\/article\/dans-la-%C2%ABclinique%C2%BB-pour-cyberdrogu%C3%A9s\">Dans la \u00abclinique\u00bb pour cyberdrogu\u00e9s<\/a><\/cite><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<span class=\"et_bloom_bottom_trigger\"><\/span><span class=\"et_social_bottom_trigger\"><\/span>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0Dans les bois de Fall City: une petite maison et ses d\u00e9pendances (notre image) o\u00f9 des adolescents et jeunes adultes renouent avec la nature et le contact humain par le biais de th\u00e9rapies et d\u2019activit\u00e9s sportives, pour sortir de leur spirale virtuelle. 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